Par frère Dominique, le Mardi 5 mai 2009 à 12 h 55

Twitter n’intéresse personne

Politiques, hommes d’affaire, stars du cinéma, blogueurs innombrables et autres meneurs d’opinion : tous se sont lancés à la mode de twitter. On nous assure qu’il s’agit d’un vrai phénomène de société outre-Atlantique. On nous prédit un engouement semblable en Europe, jusqu’à l’overdose. Pour le moins, twitter est l’endroit « incontournable », le rendez-vous de ceux qui sont dans le vent du web.

Mais voici que le site eMarketer publie une enquête frappante. Seuls 4% des internautes américains utilisent twitter ! On est très loin du sentiment que donne la couverture médiatique sur cet outil, on est extrêmement loin du ras de marée annoncé.

Rassurons-nous : tant d’enthousiasmes, une telle unanimité, se saurait se tromper. Il faudrait ne regarder que la tendance, les taux de croissance à 3 chiffres et les promesses qu’ils traduisent. Pas sûr : 1000 fois zéro, ça ne fait pas grand-chose. Les prédictions chiffrées sont en effet du même tonneau : 3,8% en 2008 donneront 7,4% en 2009 et 10,8% en 2010 ! En un mot : marginal. Qui dit marginal aux États-Unis, dit quasi inexistant ailleurs.

Voilà sans doute un bel exemple de buzz. Beaucoup de bruit pour une non-réalité. Dans ce sens précis, on peut dire qu’internet est virtuel. Il n’y a rien de concret, il n’y a personne. Juste du bruit et du temps gaspillé. Alors ? Ceux qui, comme moi, on bien du mal à comprendre le phénomène, doivent-ils renoncer à investir cette place, perdue d’avance ?

Peut-être, mais ce n’est pas en ces termes que se pose la question. D’abord, cette étude n’apporte rien de nouveau. 14 millions d’utilisateurs dans le monde, c’est négligeable, les chiffres étaient connus. Ensuite, on ne choisit pas un outil seulement en fonction du nombre de ses utilisateurs. L’usage est déterminant. Twitter est une réelle nouveauté, une manière d’échanger et de se tenir informé qui a un authentique potentiel, mais il n’est pas un outil grand public. Il est d’ailleurs probable que, s’il tentait de le devenir, il saperait la dynamique de son succès.

Twitter, semble donc être un épiphénomène passager n’ayant a priori aucune qualité déterminante pour en faire un outil d’annonce de l’évangile sur la Toile. À moins d’une mission particulière auprès des technophiles. Reste à aller jusqu’au bout de l’exploration : toute la publicité autour de cet outil ne pourrait durer s’il ne possédait quelque caractéristique touchant nos contemporains.


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3 réponses

24 mai 2009

La mode est un éternel recommencement ! N’oublions pas que l’ancêtre du SMS ou de Twitter, c’est bien le télégramme -> http://loichay.tumblr.com/post/108245112/apr-s-les-cartes-postales-de-stweet-le


25 mai 2009

Je connaissais ! C’est vrai celui-là est pas mal non plus ;)