Par frère Dominique, le Jeudi 18 juin 2009 à 10 h 55

Internet n’est pas un espace, il est un réseau

Mon travail sur la maquette de la prochaine version de nos sites Internet me fait prendre conscience qu’une étape fondamentale a été franchie : désormais, la célèbre — et convenue — section ‘multimédia’ n’a plus sa place sur nos sites. Voilà qui est révélateur des fruits du ‘web 2.0’ dans la conscience de la nature d’Internet.

Il y a dix ans, la section multimédia incarnait à elle seule l’originalité d’Internet : il était désormais possible de publier des vidéos aussi facilement que des images, des fichiers audio aussi aisément que des textes. Depuis, l’interactivité s’est invitée jusqu’à l’intérieur des vidéos et la 3D va être vulgarisée par la prochaine génération de navigateurs. Mais il semble que le rapport à Internet en tant que système de publication ait enfin changé. Peu à peu, le parallèle — inévitable — avec la presse, la radio et la télévision, laisse place à la réalité des capacités de ce média : la créativité multimédia a portée de tous. Les sites institutionnels et ceux des médias nationaux donnent l’exemple : les radios diffusent l’enregistrement vidéo de leurs émissions, les journaux diffusent des interviews audio et utilisent des vidéos non seulement comme illustration des articles, mais aussi comme partie de l’argumentaire. Une telle évolution, une telle intégration, a un impact important sur l’idée que l’on se fait d’Internet et, conséquemment, sur la conception des sites.

Nous pouvons désormais nous affranchir d’un site conçu comme un système de navigation liant des pages de textes, auquel on ajoute la section des archives vidéo maison convertie à grand prix au format numérique. La découverte du nouveau média imposait sans doute cette étape de découverte et d’expériences. A présent la vraie question, préalable à tout projet, peut être posée : quel est le moyen le mieux adapté à la diffusion du message, quelle forme donner à la communication ? L’objet du projet prime sur sa présentation.

Il apparaît enfin qu’Internet n’est pas « un système de publication permettant le multimédia » mais est « un système de diffusion multimédia ». Le mode de conception et de création sur Internet est par nature hybride. Autrement dit — les réseaux sociaux ont assurément joué un rôle important en cela — les mentalités évoluent peu à peu du concept de document à celui du message (ou de donnée, pour parler informatique). Nous ne posons plus un document dans un lieu particulier (le terme ‘site web’ me semble particulièrement évocateur d’une perception erronée d’Internet), mais nous diffusons désormais un message, une idée, une donnée, dans un réseau. Internet n’est pas un espace, il est un réseau.

Dès lors, les ‘pages’ de nos ‘sites’ ne sont plus des documents dont les liens hypertextes seraient la reliure, mais elles sont de simple containers d’information au service d’une communication. La nôtre et celle des membres de nos réseaux. L’éditeur n’a plus la maîtrise de la communication, il est désormais un producteur de données. Leur présentation change en fonction des terminaux (il n’est par exemple plus possible d’ignorer le développement de l’Internet mobile) et elles ne sont plus que les éléments d’un ensemble plus vaste, dont l’unité se perçoit à l’échelle des réseaux sociaux de nos communautés.

Les conséquences pratiques sont nombreuses. Limitons-nous à l’exemple d’une publicité pour un événement. Publier l’information dans la rubrique Agenda, diffuser un tract sous forme électronique est sans doute encore courant, mais il nous faut être prêt à mettre à disposition les données, brutes, qu’il contient. Les pages événementielles de Facebook ne sont qu’une vague prémisse de cette communication. Il s’agit désormais de livrer les données brutes : à chacun des relais, à chacun des membres actifs de nos communautés virtuelles, de les intégrer dans leur propre acte de communication.

Nous n’en sommes pas encore là, mais les solutions techniques existent déjà. A nous de les mettre en œuvre : elles sont le signe heureux qu’Internet cesse d’appartenir aux techniciens et devient plus humain. Il n’est plus un espace réservé mais une technologie au service des relations.


Catégorie : Tendances
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2 réponses

18 janvier 2010
obssidienne

bonjour… votre dernier article est du 18 juin, soit 7 mois jour pour jour… que se passe-t-il? je trouvais votre site intéressant… cordialement.


19 janvier 2010

Merci de penser à cet anniversaire ;)

Il ne se passe rien ; simplement, si je ne me consacre pas à la rédaction de ma thèse, elle ne finira jamais. C’est tout. Il n’est pas question de déserter ce lieu d’échange. Mais je reconnais que ça fait trop longtemps qu’il ne s’y passe plus rien. Je vais tâcher de billet un billet ou deux avant l’été :)

Merci de votre intérêt !